1928 – Le futur Institut d’Etudes Européennes est érigé

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Pour de nombreuses personnes, l’ULB est limitée par les avenues Buyl, de Page, Jeanne et Roosevelt. Pourtant, plusieurs bâtiments se trouvent en dehors de ce carré. Citons, par exemple, la Cité des Courses, la Crèche ou encore le rectorat. Une autre construction, plutôt méconnue, se situe au 39-41 de l’Avenue Franklin Roosevelt. Elle abrite actuellement l’Institut d’Etudes Européennes et est composée de plusieurs salles de séminaire au rez-de-chaussée et de bureaux aux étages.

Ce bâtiment est en fait constitué de deux villas autrefois indépendantes, ce qui explique le double numéro du lieu. Elles furent construites en 1928 pour la première et 1929 pour la seconde.

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Jusqu’en 1964, c’est l’ambassade du Canada qui occupait les lieux. L’Université a profité du déménagement de celle-ci pour racheter le bâtiment afin d’y installer son nouvel Institut.

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Sur un plan architectural, voici ce qu’en dit Iris Monument:

Unifiées par un traitement de façade commun, les deux constructions sont complémentaires dans leur différence. 

Construction à façades intégralement crépies, de trois niveaux, le dernier partiellement traité en retrait, sous toit plat. Haut soubassement en pierre bleue, rachetant la déclivité entre l'avant et l'arrière du bâtiment. En façade avant, soubassement percé de deux portes de garage, aujourd'hui transformés en bureaux. 

Façade principale au caractère horizontal affirmé par des cordons et par des corniches largement débordantes. Comme souvent chez Blomme, un rythme ternaire est imprimé aux baies. Celles-ci sont à arc en plein cintreau r.d.ch. surélevé, à encadrement en creux, et rectangulaires aux étages, celles de gauche reprises dans un encadrement à arc en plein cintre. D'abord régulière sur cinq travées, l'élévation est ensuite devancée d'un avant-corps servant d'assise à une terrasse, suivi d'un pan de mur peu ajouré. Ce dernier est animé, sur l'angle, par une petite fenêtre à piédroitset meneau en colonnette torse. Façade latérale gauche abritant l'entrée de l'ancien no 39, sous auvent. Sa partie supérieure est traitée en un encorbellement reposant sur deux arcs en plein cintre. Les façades postérieures sont traitées de manière similaire, avec portes-fenêtres au r.d.ch., abritées par un auvent monumental soutenu par des piliers et servant d'assise à une terrasse à dés et fer forgéEntablement à motifs en losanges.
Châssis métalliques d'origine, certains doublés ultérieurement. Portes piétonnes métalliques conservées. Dés et grilles du jardinet en grande partie conservées. 

Jardins. À l'arrière, les jardins des deux propriétés ont conservé leur physionomie initiale. Leur délimitation est encore tangible. En déclivité, ils sont étagés par des murets. 

Dans le jardinet avant de l'ancien no 41, buste de Paul Janson, député libéral progressiste, anticlérical, ministre d'État, bâtonnier et père de Paul-Émile. En marbre blanc, sur un socle en pierre bleue, elle est due au sculpteur Égide Rombaux. D'abord installée rue Cardinal Mercier, puis place de l'Espagne.

Intérieur. Quoique abîmés par leur affectation en salles de cours, les deux intérieurs conservent en grande partie leur cohérence et leur décor initiaux. Leur plan s'organise chacun autour d'un patio central, à partir duquel un escalier s'élève latéralement vers les étages. Véritable cœur de la maison, chacun des patio est surmonté d'un lanterneau et animé d'arcades en plein cintreaveugles ou non. Les pièces de vie, à l'avant et à l'arrière, y débouchent via des portes métalliques largement vitrées. Le patio du no 39 a largement conservé son dallage, animé en son centre par un motif d'étoile reflétant celui du lanterneau ; autrefois prenait place, au centre, une petite fontaine. Les arcades du patio du no 41 présentent un caractère plus plastique. Son lanterneau est simplement rectangulaire. Le dallage a été remplacé.

Source: Iris Monument

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1963 : Bâtiment S

Le projet de grand bâtiment bordant l’Avenue Jeanne remonte à 1959, comme le montre ce schéma de l’époque:

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« Robert Puttemans a marqué durablement le campus par la conception de l’Institut de Sociologie , qu’un rhabillage malheureux en 1993 a en grande partie dénaturé. En retrait et en biais par rapport à l’avenue Jeanne, les treize étages de cet immeuble particulièrement peu profond profitent d’une implantation audacieuse par rapport au dénivelé initial du terrain. Le bâtiment se signale par un extraordinaire auvent en béton armé, composé de quatre paraboloïdes hyperboliques, dont les piles se miraient dans deux miroirs d’eau, aujourd’hui supprimés, et qui marque l’interaction caractéristique de ce temps entre l’art de l’architecte et les possibilités du génie civil. » C’est ainsi que Iris Monument décrit ce bâtiment construit à partir de 1963.

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La spécificité de ce bâtiment est sans conteste son auvent, monumental, long de 12 mètres:

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En 1993, le bâtiment est entièrement remis à neuf, que ce soit sa façade, ou le hall des inscriptions qui y est greffé. Voyez l’article sur ce sujet en cliquant ici.

En 2016, c’est au tour des toitures d’être restaurées:

Pour terminer, voici l’évolution du bâtiment entre 1963 et aujourd’hui:

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